Crémant d’Alsace AOP, 40 ans de bulles en fête

Portraits

Crémant d’Alsace AOP,
40 ans de bulles en fête

Né à la fin du XIXe siècle, à l’ombre de son glorieux voisin champenois, le Crémant d’Alsace a obtenu son appellation d’origine contrôlée en 1976. 40 ans plus tard, à l’âge de la pleine maturité, les Crémants d’Alsace sont devenus grands et font référence dans les dégustations et concours à travers le monde entier.

 

Sabrer le crémant

Les consommateurs ne s’y trompent pas. Hors le champagne, toujours pourvu du prestige de son aura, le Crémant d’Alsace est le vin effervescent le plus consommé à domicile en France. Non content de représenter 50% des ventes de sa catégorie, il est un des plus anciens Crémants, fortement primé aussi à travers le monde lors de concours toujours réalisés à l’aveugle. Mais aussi sabré lors de compétitions sportives par exemple. Et pas uniquement lors du rallye de France, qui s’est déroulé en Alsace
: Suédois, Polonais, Britanniques et Grecs ont eux aussi offert des jéroboams, salamanazars et mathusalems de Crémant d’Alsace pour féliciter leurs champions sur les podiums. Au grand bonheur des 530 élaborateurs regroupés au sein du Syndicat des Producteurs de Crémant d’Alsace, chapeauté par le CIVA, qui ont obtenu là une exposition médiatique plus qu’intéressante.

 

La vinification

L’effervescent de notre région est vinifié exactement dans le même esprit que son cousin champenois. Lui aussi est fermenté en deux étapes. « Le raisin destiné au Crémant est celui que nous récoltons en premier, pour conserver la fraîcheur du fruit et une teneur réduite en alcool », explique Claude Weinzorn, issu de la treizième génération de viticulteurs sur le domaine de l’Oriel à Niedermorschwihr dans le Haut-Rhin. L’intégrité des raisins est respectée jusqu’à l’entrée de ceux-ci dans le pressoir afin de conserver les meilleures caractéristiques du fruit tout en protégeant le jus contenu dans les grains de l’oxydation de l’air. La peau du raisin est la meilleure garantie naturelle.

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Une fois les raisins pressés, le jus obtenu fermente une première fois en cuve, pour le traditionnel débourbage (on enlève les dépôts divers), puis on laisse les levures, naturelles et/ou ajoutées, faire le travail de fermentation. Puis vient la seconde fermentation, aussi appelée « prise de mousse ». Cette fois, le jus est filtré et mis en bouteille, puis on couche les flacons. Ce vieillissement dit « sur lattes » dure neuf mois au minimum. Il est assorti d’une période minimale de douze mois entre la mise en bouteilles et la commercialisation afin de permettre à la liqueur d’expédition de se marier convenablement au vin. Ce cahier des charges est très strict dans une appellation d’origine contrôlée. Il a d’ailleurs été renforcé ces dernières années pour contrer les attaques de la concurrence. Lors de cette étape, les bouteilles sont bouchées par des capsules, un dépôt se forme. Au bout de cette période, vient le moment du « remuage » : on redresse les bouteilles petit à petit jusqu’à ce que le dépôt se retrouve au niveau du goulot. Les bouteilles ont donc la tête en bas : elles sont prêtes pour le dégorgement. Cette opération vise à geler le goulot, on retire alors les capsules et le dépôt emprisonné dans la glace. Les vins sont alors prêts pour la phase ultime de la recette, celle où le viticulteur enrichit le vin avec la « liqueur d’expédition » : « Chacun a sa propre liqueur gardée secrète, pour donner au vin son goût final. Elle est importante mais ce qui compte vraiment, pour un bon vin, c’est la matière première : la qualité des raisins. De plus, la quantité de liqueur ajoutée est faible, de l’ordre de 1 cl par bouteille », poursuit Claude Weinzorn. Après l’ajout de cette liqueur, qui peut contenir du sucre et du vin, on referme la bouteille.

 

2016, Millésime record

2016 s’oriente vers un millésime record en volume malgré les intempéries du printemps et leurs conséquences. Une excellente nouvelle pour les viticulteurs alsaciens, qui avaient souffert de volumes en baisse ces trois dernières années. Des bulles de fêtes à savourer en maintes occasions en cette période de fin d’année, mais toujours avec modération.
Que la fête commence !

 


 

PinotBlanc--CopyrightZVARDON-ConseilVinsAlsaceLes cépages

Les cépages peuvent varier d’un crémant à l’autre et d’un vigneron à l’autre, selon la saveur voulue, à partir d’un cépage unique, qui est indiqué sur l’étiquette, ou avec de savants assemblages. Pas d’hésitation par contre concernant les crémants rosés : ils sont uniquement issus du pinot noir, tout comme les Blancs de Noirs. Ceci dit, le cépage utilisé le plus couramment pour les crémants blancs est le pinot blanc, qui apporte sa délicatesse et sa fraîcheur. Le riesling va plutôt apporter une saveur fruitée, très vive en bouche. Le pinot gris, plus complexe, offrira un goût plus charpenté tandis que le chardonnay est plébiscité pour sa légèreté. Il existe des crémants millésimés, affinés plus longtemps, qui comporteront des notes plus « beurrées », voire briochées.

 

Brut de plaisir

Les Crémants d’Alsace se déclinent en six saveurs : brut, extra-brut, demi-sec, extra-dry, sec et brut nature. La liqueur d’expédition en décide.
C’est essentiellement une question de sucre. Plus on en ajoute, plus le crémant sera adouci. Pour l’extra-brut, la liqueur d’expédition n’en contient quasiment pas : c’est la variété qui monte, la vedette restant bien sûr le crémant brut.

 


En savoir +
CIVA
12 avenue de la Foire aux vins à Colmar
03 89 20 16 20
www.vinsalsace.com

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